Sujet créé il y a 3 mois![]()
par : Elenic22
Lucius je ne remet pas en cause la nécessité de la recherche fondamentale bien au contraire, je remet en cause son mode de fonctionnement ainsi que ses objectifs en France...
L'argent manque c'est un fait et l'etat ne donnera pas plus qu'il ne peut. Partant de ce principe les chercheurs doivent se tourner vers le secteur privé pour engager des partenariats et se faire financer. Il va de soi que les industriels attendent quelque retours de ces partenariats et s'attendent donc à une certaine implication des chercheurs quant à la possible valorisation de leur recherche sans pour autant oublier qu'il s'agit de recherche et que cela peut s'avérer infructueux...
Le problème c'est que lorsque l'on parle de valorisation du travail aux chercheurs du CNRS ceux-ci prétendent que cela n'entre pas dans la logique de la recherche fondamentale et se tourne alors vers l'Etat pour réclamer des crédits... Ces crédits étant inexistants, les chercheurs se retrouvent désargenter... Il n'y a qu'à voir les NIH (National Institutes for Health) bien que publiques, elles regorgent de subventions parce que ses chercheurs ont une logique de valorisation de leur découverte attirant ainsi l'argent privé. Je pense que nous devrions plus nous orienter vers un système de ce genre et ce afin de sauver la rechrehce française qui était encore il y a 20 ans l'une des meilleures du monde...
Pour le processus de publication, ça se résume ainsi, tu écrit un papier selon les normes demandées par le journal dans lequel tu veux publier, une fois parvenu au journal, ceux-ci renvoie le papier à des réviseurs qui font authorité dans le domaine, ceux-ci vont émettre des commentaires qu'ils te faut suivre afin que ton papier soit définitivement publié. (en tout cas ça s'est passé comme ça pour le mien...)
Tout à fait d'accord.
En fait le problème est de trouver un accord équitable. Il n'y a aucune raison pour que les chercheurs (qui ne sont pas qu'aux CNRS, structure dont on discute de la disparition ; à noter que TOUS les chercheurs du monde entier reconnaissent la pertinence d'une structure telle que le CNRS) soient les seuls à faire un "pas" vers l'entreprise.
Les entreprises pourraient également faire un pas vers les chercheurs. Par exemple en accueillant plus volontiers des équipes de recherche en sciences humaines dans leur entreprise, ce qui reste particulièrement difficile, même en sciences économiques et de gestion alors que ces domaines peuvent déboucher sur des améliorations immédiates du fonctionnement de l'entreprise. Les motifs sont parfois valables, mais ils cachent aussi parfois un sentiment de : "on n'a pas besoin de chercheurs, on sait faire". Allez donc expliquer ça à vos subordonnés qui finissent difficilement les mois (sans pour autant mal gérer le peu qu'ils ont). Bref d'anciennes conceptions de l'Homme au travail ont la vie dure et les résistances au changement s'expliquent aussi, souvent, par les réprésentations des dirigeants.
Je ne pense pas qu'il soit légitime que seuls les partenariats directement "rentables" pour les entreprises soient mis en oeuvre. En tous cas, c'est incompatible avec les exigences du développement durable.
Mon discours n'est pas pro-universitaire ni anti-entreprise. Il vise simplement à reconsidérer l'idée qu'on se fait des universitaires. Ce sont, eux aussi, des professionnels experts de leur domaine. Ils font face aux mêmes difficultés que les entreprises en termes de financement, d'organisation, de relation vis-à-vis de la société, bref... de stratégie.
Il me semble inconcevable de motiver les universités pour des partenariats avec des entreprises, tout en continuant à dénigrer les universitaires.
Il faut rajouter que, dans les autres pays, ces partenariats se font naturellement, sans intervention de l'Etat, par culture ET SURTOUT parce que chacun reconnaît les atouts et compétences des autres.
En revanche, en France, la culture a toujours été interventionniste ET SURTOUT une culture de l'ingénieur prédomine, pénalisant le dialogue non seulement avec les chercheurs (docteurs) mais aussi avec les opérationnels. On ne peut pas nier que les entreprises sont aujourd'hui pointés du doigt par diverses parties prenantes, incluant les universités (parfois) mais surtout leurs propres salariés. Les implications en termes de choix d'orientation politique ont été largement mises en avant par Jean-Marie Bockel après le "NON" au traité sur la constitution européenne, vers un parti socialiste social-libéral. Ceci n'est toujours pas le cas aujourd'hui, ce parti restant encastré dans ses conflits d'orientations (libéralisme ou pas ?), tout ce qui fédère le parti étant l'opposition à la majorité.
A+
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